Sérieux ou comique, spirituel ou scientifique, sentimental ou politique, sportif ou cinématographique, gentil... ou peut-être pas... Un blogue comme moi, quoi!

dimanche 30 décembre 2012

La communion des divorcés remariés

Plusieurs sujets touchant à la vie de notre Église irritent nos contemporains. L'un de ceux-là, qui m'irrite moi-même, est la position du magistère interdisant la communion eucharistique aux divorcés remariés. Qu'en penser?

Commençons par préciser une chose: quand je parle d'Église, je parle de nous, les gens qui la composons. L'Église, c'est nous. Une seconde précision: nous traiterons ici des personnes mariées chrétiennement qui se sont divorcées civilement sans que leur mariage religieux ait été déclaré nul et qui se sont remariées civilement avec un nouveau conjoint, une nouvelle conjointe. Précisons une troisième chose: je ne prétends pas parler de tout ce qui concerne les personnes divorcées remariées mais du fait qu'on leur interdit de communier au Pain eucharistique à la messe, même si nous devrons voir plus large pour les besoins de notre réflexion. J'en précise une quatrième que je répète souvent dans mes articles: je ne suis pas un spécialiste de la question. Cela dit, comme membre de l'Église, je ne vois pas comment je pourrais me taire devant cette cause de scandale qui revient sur la table à répétition, avec raison.

Pour faire court, la position du magistère ecclésial est que les personnes divorcées remariées ont brisé la communion qu'elles pouvaient avoir avec le reste de la communauté catholique parce qu'elles ont contracté un nouvel engagement marital alors que leur mariage religieux est encore valide. Ces personnes se seraient donc elles-mêmes mises en position de non-communion et ne devraient donc pas communier au Pain eucharistique à la messe étant donné leur état de "non-communion" avec le reste de la communauté.

Maintenant, quelques réflexions. La première et la plus importante raison qui fait que cette règle ecclésiastique m'irrite est que personne n'est pur ni en parfaite communion avec le reste de la communauté lorsque vient le temps de communier au Corps du Christ à l'eucharistie. Pourquoi alors refuserait-on de communier aux divorcés remariés alors que le prêtre qui préside la célébration n'est pas blanc comme neige lui-même? Qu'un père de famille a abusé sexuellement de sa fille aînée? Qu'une femme a tout fait pour briser la réputation d'une collègue de travail? Qu'un entrepreneur en construction a abusé de la confiance de clients? Et j'en passe... Pourquoi refuser la communion au Corps du Christ aux divorcées remariés alors que moi-même "je ne suis pas digne de le recevoir"? Et je le crois sincèrement: je ne suis jamais digne de recevoir le Corps du Christ. Je vais le recevoir pour que le Seigneur fasse de moi un homme digne. Je ne le mérite pas. C'est un cadeau de Dieu pour me sauver. À l'eucharistie, le Christ renouvelle le sacrifice de sa vie sur la croix pour me sauver encore aujourd'hui et me donner la force de passer la semaine et de bâtir un peu plus son Royaume d'amour. Il me donne ce dont j'ai besoin pour poursuivre la part de sa mission qu'Il me confie. Il me fait communier aux vies de mes frères et de mes soeurs, à leurs joies et à leurs peines déposées sur l'autel avec les miennes sous la forme de pain et de vin et transformées en son Corps et son Sang. C'est ainsi que nous communions aux vies transformées les uns des autres. En communiant au Corps du Christ, nous devenons le Corps du Christ, c'est-à-dire l'Église, la communauté chrétienne. Nous communions au Corps du Christ pour le devenir de plus en plus et non parce que nous en sommes dignes.

Comment pouvons-nous nous arroger ce droit de juger de la plus ou moins grande communion de nos frères et de nos soeurs? Où se situe la ligne? Où nous arrêterons-nous? Si on veut être cohérent, il faudrait aussi refuser de baptiser les enfants nés d'un remariage civil? Refuser aux divorcés remariés des funérailles et une sépulture catholiques?

La communion eucharistique se vit durant toute la vie chrétienne et non pas seulement au moment de manger l'hostie consacrée.

La communion eucharistique se vit aussi durant toute la célébration eucharistique au complet, pas juste au moment appelé "communion". Pourquoi alors permettre aux personnes divorcées remariées d'entrer dans l'église pour célébrer l'eucharistie, vivre profondément et avec foi la communion avec Dieu et le reste de la communauté, mais se faire refuser ce qui concrétise sensiblement cette communion? Autre manque de cohérence?

Remarquons ensuite curieusement que le mariage civil n'est pas pris en compte avant le remariage civil. En effet, tant qu'un couple n'est pas marié chrétiennement, on ne reconnaît pas leur mariage. Aux yeux de la loi ecclésiastique, ce couple n'est pas marié. Curieusement, une fois qu'un des membres de ce couple marié religieusement et séparé civilement se remarie civilement, là ce 2e mariage civil est fortement pris en compte, au point où on interdit la communion à cette personne. Contradiction?

Finalement, quel message lance-t-on aux catholiques du monde ainsi qu'aux non-catholiques avec cette interdiction? Tu es bienvenu dans la communauté en autant que tu suives certaines règles mais pas d'autres? Tu peux extorquer, abuser, tromper, tuer, mentir, médire et tu peux communier mais si tu te remaries civilement tu ne le peux plus? Veut-on nous faire croire que la pire chose qu'on peut faire au monde est de se remarier civilement? Pire que le meurtre ou l'abus sexuel? Veut-on nous faire croire qu'il y a des catholiques meilleurs que d'autres? Des catholiques plus dignes? Veut-on nous faire croire que l'eucharistie est le rassemblement des purs (c'est-à-dire personne) et non pas le rassemblement de la communauté chrétienne imparfaite, Corps du Christ qui est en la tête?

Bref, pour toutes ces raisons, cette interdiction ecclésiastique me semble incohérente, contradictoire, nuisible à l'évangélisation et tout simplement scandaleuse.

À toi qui es une personne divorcée remariée, sache que ce n'est pas toute la communauté catholique qui te condamne. Tu es la bienvenue et je souhaite de tout coeur que tu vives en communion avec le reste de ta communauté, nous qui sommes tous et toutes bien imparfaits et indignes, mais aussi tous et toutes appelés comme toi à la sainteté et à la fécondité du Royaume.

Union de prière!

Denis
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vendredi 21 décembre 2012

« Il faut que lui grandisse et que moi je diminue »

Quand la fête de saint Jean-Baptiste et la fête de Noël ont été instituées, le solstice d’été arrivait le 24 juin et celui d’hiver le 25 décembre. Depuis, le calendrier a été retravaillé et les solstices d’été et d’hiver arrivent maintenant les 21 juin et 21 décembre mais ces deux fêtes sont restées aux mêmes dates.

Qu’arrive-t-il aux solstices? Dans l’hémisphère nord, le solstice d’été est la journée où l’ensoleillement est le plus long de l’année. À partir de cette date, la durée du jour diminue pour être la plus courte au solstice d’hiver. À partir de cette autre date, la durée du jour grandit jusqu’au solstice d’été et ainsi de suite.

« Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue » (Jn 3,30). Par ces mots, Jean-Baptiste parlait du Christ qui commençait à rassembler les foules alors que lui, Jean, rassemblait de moins en moins de monde. À ses disciples inquiets, il rappelle qu’il n’est pas le Christ mais son précurseur et qu’en tant que tel, il est bien content que la renommée de Jésus se répande et que la sienne perde de sa popularité. « Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue ».

Comme la durée d’ensoleillement entre les solstices, la lumière qui vient du Christ grandit alors que celle de Jean-Baptiste diminue.

La fête de Noël a été placée le jour du solstice d’hiver pour prendre la place de l’ancienne fête païenne du « sol invictus », le « soleil invaincu », jour à partir duquel le soleil reprenait le dessus sur la nuit. La fête de Noël célèbre donc cette victoire de la lumière sur les ténèbres. La naissance du Christ apparaît déjà comme une résurrection pour le monde.

À chaque instant, le Christ veut naître et renaître en moi, grandir et me faire grandir en Lui. C’est Noël à chaque instant en moi, en nous.

Je ne sais pas pour toi mais, pour moi, un des plus grands obstacles pour la venue du Christ en moi, c’est mon orgueil. J’ai tendance à chercher ma gloire personnelle, à être reconnu dans mon travail, mes amours, mes amitiés, mes engagements, mon argent… Et quand je ne me sens pas reconnu, quand je me sens oublié, pas à la hauteur, faible et trébuchant, pauvre en forces mais aussi en argent, je deviens insécure et bien triste.

Pourtant, comme Jean-Baptiste, c’est à ce moment que je devrais être joyeux car « il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue ». Ce qui importe, ce n’est pas qu’on me trouve bon, que je sois populaire ou riche, ce n’est pas que j’annonce le Christ de la meilleure façon et que je sois le meilleur chrétien, prédicateur, animateur ou catéchète. Ce qui importe, c’est que je sème du mieux que je peux, même dans ma faiblesse, car « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,10). Ce n’est pas moi le moissonneur, c’est Dieu. À Lui la gloire! Et à moi son Amour et sa Vie!

Seigneur, en cette fête de ta venue physique en notre monde, où tu revêts librement notre finitude, donne-moi l’humilité nécessaire pour accomplir la part de ta mission que tu me confies. Viens briser avec amour, délicatesse et fermeté le vernis de mon orgueil pour que mon cœur de chair soit libre d’aimer dans toute sa grandeur et sa fragilité. Merci de m’aimer et de me sauver. J’en ai bien besoin. Merci de nous aimer tous et toutes et de nous inviter à participer à ta mission de semeur d’Évangile. Amen.

À toi qui me lis, je te souhaite de redécouvrir en 2013 l’incroyable amour de Dieu pour toi. Que cet amour t’aide à redire comme j’essaie de le faire avec Jean-Baptiste : « Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue ».

Joyeuse Nativité et bonne année 2013!

Denis
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jeudi 4 octobre 2012

Questions sur le diaconat permanent

Le diaconat permanent est un ministère riche et important pour notre Église. Mgr Lacroix l'a rappelé dans un message à ce sujet à l'occasion de la journée du diaconat permanent qui a lieu le premier mercredi d'octobre. Comme tout ministère, il porte tout de même sa part de questionnements. Je vous en présente quelques-uns que je porte.

D'abord, bien que l'épouse du diacre participe à toute sa formation hormis les études théologiques, elle n'est pas ordonnée. De façon enthousiaste, on peut y voir une invitation pour la femme du futur diacre à discerner à quoi Dieu l'appelle dans ce nouvel engagement. Ce sujet est bien présenté dans cette vidéo. De façon plus critique, on peut aussi y voir un exemple de patriarcat ecclésiastique qui réserve encore obstinément l'ordination aux hommes alors que dans l'Église primitive il y avait des diaconesses, par exemple Phébée, la diaconesse de l'Église de Cenchrées (Rm16,1). (Remarquez ici que pour faire preuve de rigueur scientifique, il faudrait voir ce que signifiait à cette époque être diaconesse. Ça n'a peut-être rien à voir avec le ministère diaconal actuel.) L'ordination d'un diacre marié est-elle donc une occasion de renouvellement vocationnel pour son épouse ou une gifle à la face des femmes? Peut-être les deux en même temps... Notez que ce n'est pas parce qu'un époux devient diacre que son épouse se sent appelée au même ministère. Cela dit, je pense que le débat sur cette question demeure ouvert.

Autre question: un diacre célibataire doit le demeurer et un diacre marié qui devient veuf ne peut plus se marier et doit vivre le célibat. Je n'ai pas de problème avec le fait qu'un homme qui a découvert que Dieu lui avait fait le don du célibat demeure fidèle à cet appel dans sa façon de vivre son diaconat. Cependant, manquant peut-être de foi en la grâce divine, il me semble difficile à croire qu'un homme qui a discerné que Dieu lui avait fait le don de la vie maritale et non celui du célibat reçoive tout à coup automatiquement le don du célibat lors du décès de son épouse... Ne met-on pas le gars en situation impossible? Ça peut dépendre de plusieurs facteurs. Par exemple l'âge: pour un diacre malade résidant dans un foyer et qui devient veuf à 85 ans, je veux bien croire que le célibat soit un peu plus "endurable". Mais pour celui qui devient veuf à 50 ans et qui a encore plusieurs dizaines d'années d'espérance de vie, peut-on lui imposer ce fardeau sans conséquences psychologiques?

Il existe aussi des diacres qui le deviennent par manque de ministres pour certaines fonctions pastorales, par exemple les baptêmes, les funérailles, les mariages... Tant mieux si des diacres exercent ces fonctions. On doit tout de même se poser la question de la pertinence de réserver la présidence de ces célébrations à des ministres ordonnés. Par permission romaine, des laïques, dans certaines conditions, par exemple dans un coin où un prêtre passe deux ou trois fois par année, peuvent baptiser. Le Vatican vient de le permettre à deux femmes dans un coin éloigné du diocèse de Baie-Comeau. N'y a-t-il pas là un appel à ce que les laïques prennent de plus en plus leur place dans la vie de notre Église plutôt que de chercher à tout prix des ministres ordonnés dont nous manquerons de toute façon à moyen terme? (Je peux vous sembler pessimiste ici mais au contraire je suis très optimiste pour la place des laïques dans notre Église).

Autre question: la place liturgique des diacres. Dans l'Église primitive, le ministère diaconal a été institué pour libérer les apôtres des tâches à caractère social, leur permettant ainsi de se consacrer plus intensément au ministère de la Parole (prédication, enseignement...). C'est ce qu'on peut lire en Ac 6, 1-7: l'institution des Sept, qu'on reconnaît habituellement comme les premiers diacres. Or, quand on a un diacre sous la main, que lui fait-on faire avant le soin des pauvres? On lui fait faire la prédication, animer des réunions et présider des sacrements...

Je vous avais averti, je n'écrivais pas ce billet pour louanger le diaconat mais  pour vous partager certaines questions que je porte vis-à-vis ce ministère que je trouve par ailleurs bien séduisant. Car oui, pour plusieurs raisons personnelles, ce sacrement m'interpelle. La présidence de célébrations, la prédication dans un cadre liturgique et l'engagement pour les plus pauvres sont des valeurs et des tâches qui me sont chères, pour lesquelles je me sens appelé et pour lesquelles ma façon actuelle de vivre mon ministère d'agent de pastoral laïque laisse peu de place. Aurons-nous bientôt, laïques mandatés, la possibilité de présider des funérailles, de baptiser, de prêcher durant une célébration eucharistique ou si pour vivre ces appels intérieurs je devrai pousser plus loin ce discernement sur la vocation diaconale? Ça reste à suivre!

Pour l'instant, continuons de prier pour que Dieu envoie des ouvriers et des ouvrières à sa moisson. Prions pour que de nombreux hommes deviennent prêtres et diacres. Prions aussi pour que les laïques prennent de plus en plus leur place dans leurs communautés chrétiennes. Car comme dit un prêtre que j'aime bien: "Le problème de notre Église n'est pas qu'on manque de prêtres, mais qu'on manque de chrétiens!"

Je vous invite aussi, en terminant, si vous êtes d'accord avec cette idée, à prier pour la place des femmes dans notre Église, y compris à leur accession aux ministères ordonnés, à commencer par le diaconat pour lequel il semble que Dieu les a déjà appelées jadis.

Union de prière!

Denis


mercredi 30 mai 2012

Salut grand-papa!

Il y a des jours où on est plus fier que d'autres. Aujourd'hui c'en est un. Mon grand-père adoré, mon parrain, celui dont je porte le prénom et le nom, celui dont j'ai donné le prénom et le nom à mon fils, celui qui m'a montré à conduire, celui qui me prêtait son auto, celui qui n'aimait pas mes cheveux longs (ben oui, j'ai déjà eu ce trip-là!), celui qui vivait sa foi avec générosité, sérénité et solidité, a terminé son entrée dans l'éternité il y a cinq ans aujourd'hui.

Merci grand-papa d'être celui que tu es et de continuer à veiller sur nous! Ça fait drôle de penser que je renouvelle de ce temps-ci mon assurance-auto, toi qui m'as prêté si souvent la tienne. Je t'aime!

Denis

samedi 21 avril 2012

La fin de ton entrée dans l'éternité

Il y a quinze ans, à 9h00, une grosse roche tombait du cap et écrasait une voiture sur la rue Sous-Le-Cap, à Québec. Au même moment, le Cap-Blanc perdait un de ses fils qui tombait de sa grue au Port de Québec. Tu es décédé sur le coup.

Ça fait quinze ans aujourd'hui, P'pa, que tu as terminé ton entrée dans l'éternité. Je ne sais pas ce que tu fais, je ne sais pas de quoi tu as l'air. Je sais juste que tu es heureux et que tu veilles sur nous. Je le sais car à plusieurs reprises ces quinze dernières années il m'est arrivé un tas de trucs où j'ai cru voir ta signature, ta façon de faire, ton clin d’œil, ton amour et ton humour. Je l'ai remarqué surtout lors de problèmes d'emplois. Tu as toujours eu une dévotion à saint Joseph, patron des travailleurs et des travailleuses, et j'ai l'impression qu'il est un de tes grands chums là où tu es!

Nous n'avons pas souvent parlé profondément et longtemps. Nous n'en avions peut-être pas besoin. Mais depuis quinze ans ça me manque. Combien de fois j'aurais aimé avoir ton avis sur un tas de choses, notamment nos autos, la maison, les impôts, les assurances, ceci et cela... Maintenant que j'ai une vie qui ressemble à celle que tu avais dans mes souvenirs, je pourrais avoir une conversation en adulte avec toi. Oh! Je le fais. Je ne m'en prive pas. Je te parle souvent. Mais ta présence physique me manque.

Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire du baptême de mon fils Émile. Ça fait dix ans aujourd'hui. Demain, ce sera la première communion de Victoria, la plus vieille de Michel. C'est drôle tout de même que cinq ans après ta mort notre fils entrait dans l'Église, Corps du Christ, par le baptême et que dix ans après, notre nièce va communier pour la première fois au Corps du Christ... Aucune date n'était arrangée. Nous avons juste dit oui aux propositions des responsables de ces événements. Un autre clin d’œil?

Merci d'être autant présent pour nous. Merci de nous accompagner. Merci de nous aimer encore et peut-être plus et mieux qu'avant! Continue à nous aider à être et à devenir de plus en plus des personnes heureuses, libres, en santé, solides et aimantes!

Je t'aime P'pa!
XXX

dimanche 8 avril 2012

Mes premières funérailles

J'ai présidé hier mes premières funérailles. La demande m'est arrivée mardi, j'ai rencontré une des soeurs de la défunte mercredi et à partir de ce jour-là ma tête, mon horaire et mes nerfs ont été centrés sur cet événement. Je suis content de ma préparation mais je regrette de m'être difficilement arrangé dans mon horaire... Ce sera à travailler...

Je pense que les conditions idéales étaient réunies pour faire de cet événement une sorte de "stage" pour "président débutant en formation": une famille accueillante et indulgente, plusieurs personnes que je connaissais et avec lesquelles je suis à l'aise, l'ouverture des personnes présentes, leur chaleur humaine, leur nombre et le temps liturgique (le samedi saint, entre la mort du Christ et sa résurrection). J'avais manifesté mon inquiétude à plusieurs personnes et le soutien spirituel que j'ai reçu m'a porté solidement et profondément. L'accompagnement de la secrétaire de la fabrique, du sacristain et de la directrice de la chorale m'a été d'un grand secours! Les conseils avisés de plusieurs personnes m'ont permis de bien m'orienter.

Le meilleur conseil que j'ai reçu est sans doute celui de prendre le temps. C'est ce qui m'a guidé le plus dans mes gestes et même dans mon attitude de fond.

Je préside de temps en temps des célébrations d'adieu au salon funéraire. J'aime la chaleur et la liberté que permet ce type de célébration. J'avais peur que le cadre liturgique des funérailles à l'église et la grandeur du bâtiment m'étouffent et me briment dans mes élans, mes idées et ma chaleur humaine. Il n'en fut rien! La liturgie des funérailles est bien pensée, bien montée et permet beaucoup de choix et de latitude, en tout cas bien assez pour moi! Je me suis senti à l'aise, "moi-même" dans plusieurs de mes couleurs à chaque étape de la célébration. La grandeur de la bâtisse? Je me suis placé sur la première marche du choeur, aussi proche que possible des gens. Ce fut une bonne idée! 

Le résultat? J'en suis émerveillé! On m'a beaucoup et chaudement félicité après la célébration. Une dame m'a même remis un souvenir pour que je m'en rappelle. On m'a notamment fait remarquer mon calme et ma sérénité. C'est vrai, je me sentais bien à présider cette célébration. Il semble que ça a paru. Ma préparation, le soutien spirituel reçu, mon attention à prendre le temps, la grâce d'aimer les gens présents, grâce que j'avais demandée et que j'ai reçue, ont contribué à faire de cette célébration un moment de douceur, d'accueil, de tristesse, de joie et de fraternité.

À vous qui m'avez soutenu par la prière: merci!
À vous qui m'avez prodigué des conseils et fait des suggestions: merci!
À vous qui m'avez aidé à préparer cette célébration: merci!
À vous qui faites partie de la famille de Mme Pauline Vachon: merci!
À vous qui avez participé à cette célébration: merci!
À vous qui avez rendu un service liturgique pendant la célébration: merci!
À vous qui m'avez félicité et apporté des commentaires après la célébration: merci!
À Toi, Trinité mon amour, qui nous a portés, guidés, inspirés et aimés: merci!

Je ne dis pas que je veux passer tous mes samedis matins à présider des funérailles mais je sens en moi ce désir de continuer dans cette voie. Une nouvelle corde s'est ajoutée à mon arc. Une des questions que je porte souvent comme intervenant pastoral est que je me sens appelé à présider des célébrations et à commenter l'Écriture dans un cadre liturgique, ce que ma façon actuelle de vivre mon ministère d'agent de pastoral me permet peu. C'est parfois frustrant. C'en est au point où je me demande quelquefois si Dieu ne m'appelle pas à exercer un autre ministère... Eh! Bien! J'ai trouvé hier que j'étais totalement à ma place. Je perçois là un appel de Dieu à creuser.

Christ est ressuscité! Il est présent dans nos passages! Il est vraiment ressuscité!

mardi 21 février 2012

Jouer au Ouija



Il était 22h00, il y a seize ans. Trois jeunes filles frappent chez moi et me demandent de l'aide car elles viennent de jouer au Ouija et elles sont convaincues que les mauvais esprits leur courent après... C'était mon premier contact avec ce jeu.

Il y a eu d'autres contacts depuis et quelques convictions ont commencé à prendre assises en moi. Je vous livre ces réflexions.



Disons tout de suite que je ne crois pas une seconde au fait que le Ouija permettrait d'entrer en contact avec des entités spirituelles bonnes ou mauvaises. Je ne dis pas que ça ne se peut pas (il faudrait consulter une personne spécialiste) mais je ne crois pas que le Ouija permette ça en lui-même. Je crois plutôt que les gens qui y jouent désirent tellement que ça fonctionne qu'ils interprètent la moindre coïncidence un peu étrange comme une manifestation d'un esprit. Ils sont souvent tellement sûrs que leur jeu va fonctionner, ils ont en même temps tellement peur qu'un véritable esprit les contacte que le moindre bruit, le moindre clignotement d'une ampoule, le moindre mouvement inhabituel leur fait peur. Ces événements anecdotiques s'expliquent tous facilement mais les joueurs et les joueuses croient tellement que c'est un esprit qui les provoque qu'ils interprètent tout en fonction de cette croyance. 

Là est la clé selon moi: quand on croit que quelque chose va arriver, on interprète tout en fonction de sa croyance. 

J'aurais beau vous dire que vous êtes une personne jolie, si vous avez en tête que vous êtes une personne laide, vous ne me croirez pas et vous agirez en fonction de votre croyance. Vous vous habillerez avec du linge qui ne vous va pas, qui ne vous mettra pas en valeur, vous cesserez de sortir par gêne, vous deviendrez exagérément gentil ou gentille pour plaire car vous avez en tête que c'est votre seule façon d'être aimée. Alors que votre vie pourrait être tellement plus simple et heureuse...

Ce sont nos croyances qui nous font agir et non la vérité crue comme elle est. Nous agissons en fonction de nos interprétations des événements par le prisme de nos croyances et non en fonction de l'événement comme tel.

C'est la même chose pour les questions religieuses. J'aurais beau vous dire que le destin n'existe pas, si vous avez en tête qu'il existe, vous ne me croirez pas et vous continuerez de vivre en fonction de cette fatalité à laquelle vous pensez ne jamais pouvoir vous échapper au lieu de vivre sereinement en toute liberté sur un chemin qui se trace avec vos pas.

Pour le Ouija, ajoutez à cela une ambiance mystérieuse, un peu d'inquiétude et l'absence des parents et vous avez tout ce qu'il faut pour que quelques jeunes apeurées viennent frapper chez vous à 22h00 le soir...

Après avoir constaté que même les personnes qui pratiquent une forme ou l'autre de spiritisme ne s'entendent pas sur le sujet (il existe des forums de discussion là-dessus), après avoir vu la peur dans les yeux des personnes qui jouent à ce jeu, surtout les ados, je conclus qu'on peut très bien se passer du Ouija dans sa vie, qu'il y a bien d'autres jeux plus intéressants au monde que celui-là, qu'il ne sert à rien d'autre que créer la peur pour quelques jours, voire pour la vie et que c'est une royale perte de temps. Bref, vous voulez avoir peur en groupe? Vous aurez sans doute plus de plaisir et moins de séquelles en regardant un bon film d'horreur ou un thriller captivant qu'en jouant au Ouija.

Non, le Ouija ne vous mettra pas en contact avec des esprits, mais avec vos fausses croyances et vos peurs. Pour ma part, j'ai autre chose à faire!

Si vous avez besoin d'en jaser, contactez-moi!

Union de prière!

Denis

mercredi 15 février 2012

Entre mariage et péché, un appel différent?

Dernièrement, à une rencontre de parents, un couple me disait comme d'autres bien avant eux qu'ils vivaient "dans le péché". Ils entendaient par là le fait qu'ils vivaient ensemble, qu'ils faisaient l'amour ensemble et qu'ils avaient des enfants ensemble, tout ça sans être mariés. Ils entendaient par là et on entend dans la société en général et dans les écrits du magistère de la communauté catholique en particulier que pour faire l'amour on doit être marié, et marié religieusement. Depuis, je réfléchis à cette question: les couples de croyants catholiques non mariés chrétiennement vivent-ils vraiment tous "dans le péché"?Je vous livre ici quelques réflexions décousues sur le sujet et sur d'autres qui sont connexes.

Je suis d'accord avec l'esprit de l'enseignement du magistère de la communauté catholique. Quand on aime, on exprime physiquement notre amour selon son importance et sa profondeur. Pour des connaissances, on donne la main. Pour des amis, c'est l’accolade ou la bise. Pour des amoureux, les caresses et les longs baisers langoureux. Pour des gens qui veulent bâtir un projet de vie ensemble dans le plus sérieux et le plus engageant des états, le mariage: faire l'amour. On pourrait faire un article juste sur ce sujet. Retenons pour mon propos une de mes questions: le mariage est-il bien le seul état de vie "permettant" ou "justifiant" le fait de faire l'amour, de vivre ensemble et d'avoir des enfants?

Le sacrement de mariage fait des époux le signe de l'amour de Dieu pour son peuple, du Christ pour son Église (Église étant entendue au sens de la communauté des chrétiens et des chrétiennes, incluant ses institutions). Un sacrement signifie une réalité qui existe déjà. On devrait donc marier chrétiennement des couples que la communauté reconnaît comme signes de cet amour, comme on ordonne des hommes que la communauté reconnaît comme signes du Christ Pasteur. Cela étant dit, je ne suis pas sûr que tous les couples que je vois mariés ou bien qui se préparent au mariage sont signes de cet amour de Dieu pour son peuple... Laissons la chance aux coureurs...

Cela dit, si je pousse plus loin ma pensée, ça veut dire que comme ce ne sont pas tous les hommes célibataires qui sont appelés au presbytérat, ce ne sont donc peut-être pas tous les couples qui sont appelés au mariage chrétien... Peut-on donc dire que ces gens vivent dans le péché? Dirions-nous que tous les hommes célibataires non ordonnés vivent dans le péché? Alors pourquoi le dit-on des couples non mariés?

Je côtoie comme vous plus de couples non mariés chrétiennement que de couples mariés. Ces couples ne semblent pas causer plus de torts à la société que les couples mariés. Ils semblent se séparer autant, pas plus. Leurs enfants ne semblent pas meilleurs ni pires. Ils ne semblent pas plus malheureux. Il y a des gens qui forcent pour me faire admettre et croire que ces couples mènent une vie épouvantable, qu'ils sont incapables de fidélité, que leurs enfants sont quelque peu détraqués et moins bons en société et à l'école, qu'ils sont moins bons que les autres dans les rencontres de catéchèse, etc... Je suis désolé, mais je ne remarque rien de tel. Ni pour les couples homosexuels d'ailleurs, en passant.

Est-ce que le fait qu'ils ne soient pas mariés veut dire qu'ils ont peur de s'engager à long terme, que l'avenir leur fait peur, qu'ils veulent garder la séparation comme une voie de sortie acceptable et veulent éviter les troubles d'un divorce? La réponse est oui pour quelques-uns de ces couples, en effet. Mais pas pour tous. L'inverse est aussi vrai: j'ai entendu des couples me dire qu'ils se sont mariés religieusement parce que le trouble occasionné par le divorce leur faisait tellement peur que ça "garantissait" leur fidélité à long terme... Ce n'est pas mieux. Encore là, ce ne sont que quelques couples mariés qui vivent cette situation. La plupart vivent le mariage comme un don le plus total possible dans une aventure mouvante.

J'ai dit à un couple non marié un de ces jours: "Si votre amour semble avoir des effets sur les autres, s'il est fécond autrement que vous le pensez, si quelque chose dans votre amour vous dépasse et produit des fruits que vous n'attendiez pas autour de vous, peut-être est-ce que vous êtes signe de cet amour que Dieu porte à son peuple, que le Christ porte à son Église. Pourquoi ne pas vous marier?" Je crois qu'en effet il y a bien des couples qui sont des signes de ce grand amour et qui sont appelés par Dieu au mariage, comme il existe des hommes (et des femmes?) qui sont signes du Christ Pasteur et qui sont appelés à être ordonnés mais qui ne le seront peut-être jamais.

Des sociologues, des théologiens et d'autres experts sauront quoi répondre à mes interrogations ou mieux les orienter ou les pousser plus loin. En attendant, je considère que Dieu nous parle par ces couples non mariés qui constituent maintenant la majorité des couples et Il parle fort. Je ne sais pas encore ce qu'Il veut nous dire mais j'ai bien de la difficulté à croire que tous ces couples vivent "dans le péché". Ils sont peut-être juste appelés à autre chose que le mariage chrétien?
 
Et vous, qu'en dites-vous?

Union de prière!