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vendredi 28 janvier 2011

Pardon ou réconciliation?

Comme il arrive souvent durant l'Avent, des célébrations communautaires du sacrement de la réconciliation ont été organisées dans plusieurs paroisses. Depuis quelques années, j'entends de plus en plus l'appellation "pardon" au lieu de "réconciliation" pour ce sacrement. Curieusement, cette année, je n'ai pas du tout entendu "réconciliation" dans aucune publicité dont j'ai eu connaissance. De même, aucune mention de la réconciliation durant la célébration à laquelle j'ai participé. On a parlé de pardon. Mais comment donc s'appelle ce sacrement?

Je ne connais pas les dates précises des changements de noms qu'a connus ce sacrement. Selon l'accent mis de l'avant, on l'a compris et appelé différemment au fil du temps. Pour mes grands-parents, c'était la confession ou plus communément la "confesse". Puis pendant quelques années, on l'a appelé le pardon. C'est cette appellation qui était en vogue dans les années 70, quand on m'y a initié. Puis dans les années 80, dans les écoles d'enseignement secondaire et collégial (vous devinez mon âge), on parlait de la réconciliation. Pendant ce temps, dans les facultés de théologie, on parlait du "sacrement de la pénitence et de la réconciliation".

Au milieu des années 90, la CECC (Conférence des évêques catholiques du Canada) sortait un document important à ce sujet, écrit par le père Raymond Vaillancourt. Le sacrement porte alors le nom de "sacrement de la réconciliation des pénitentes et des pénitents". On met l'accent sur l'amour de Dieu et la reprise de la relation brisée par le péché. On met aussi l'insistance sur la qualité de la personne qui veut vivre ce sacrement: une pénitente ou un pénitent, c'est-à-dire une personne qui veut vivre une conversion, un retour à Dieu dont on s'est éloigné par le péché.

Suite à la publication de ce document, les évêques de l'inter-Québec (diocèses de Québec, La Pocatière, Chicoutimi, Trois-Rivières et Nicolet) publient une brochure fort intéressante qui résume le document de la CECC. On y appuie les mêmes accents et on insiste sur l'appellation "sacrement de la pénitence et de la réconciliation" comme dans les milieux universitaires. Une vaste campagne d'information et de sensibilisation se fait à ce moment dans plusieurs diocèses du Québec en 1998. Dans le diocèse de Québec, c'était le début des célébrations "ordinaires" de la réconciliation avec absolution collective, qui ont été arrêtées par le Vatican quelques années plus tard, pour n'être célébrées que de façon "extraordinaire", par exemple pour des soldats partant au front dans les heures qui suivent.

Dans les années qui suivirent, l'appellation officielle n'a pas changé. Monsieur le cardinal Marc Ouellet publiait d'ailleurs en 2005 une lettre pastorale intitulée: "Lettre pastorale sur la pratique du Sacrement de pénitence et de réconciliation".

Plus communément et plus commodément, on appelle ce sacrement le "sacrement de la réconciliation".

Notre façon de l'appeler est importante car elle montre l'accent qui est important pour nous. Pardon fait référence à un sacrement "machine à laver" dans lequel j'entre sale et duquel je sors propre. L'accent est mis sur moi et mon péché. Réconciliation fait plutôt référence à la relation que Dieu et moi entretenons.  L'accent est mis sur Dieu et son Amour infini et un nouvel élan dans notre vie amoureuse ensemble et avec nos frères et nos soeurs. C'est cet accent qui prévaut avec justesse dans notre Église et c'est lui qui doit être mis de l'avant. Ce sacrement est affaire de relation et d'Amour et non de linge sale.

Juste pour enfoncer un peu plus le clou, je tiens à rappeler que l'appellation "pardon" a été mise de côté et n'est plus utilisée depuis une trentaine d'années déjà. Même un évêque reconnu conservateur comme le cardinal Ouellet ne l'utilise plus...

Vive la réconciliation et son souffle dynamisant!

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