Sérieux ou comique, spirituel ou scientifique, sentimental ou politique, sportif ou cinématographique, gentil... ou peut-être pas... Un blogue comme moi, quoi!
Affichage des articles dont le libellé est ministère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ministère. Afficher tous les articles

dimanche 23 avril 2017

Rêve de funérailles

Bonjour!

Je ne veux pas dire par ce titre que je rêve qu'il y ait plus de défunts ou de funérailles, ou que j'en préside (quoique je m'y sens appelé). Non, je veux juste vous interpeller sur le fait que ce qui se passe autour des funérailles me semble être un bon exemple de l'action évangélisatrice à laquelle je me sens appelé.

Voici les éléments qui m'interpellent dans la pastorale du deuil:

- l'accueil inconditionnel, chaleureux et délicat des personnes;
- les gens ont soif, leur coeur saigne et est grand ouvert à l'Amour et à la Bonne Nouvelle;
- l'accompagnement des personnes, avant, pendant et éventuellement après la célébration;
- dans la célébration comme telle:
  • l'assemblée se tient,
  • les gens se connaissent, s'épaulent, se soutiennent,
  • la fraternité, l'accueil de l'autre, la douceur, la délicatesse, les marques physiques d'affection sont présentes, signifiantes et importantes,
  • le kérygme et l'espérance chrétienne sont annoncés et entendus,
  • les coeurs et les esprits sont rejoints, un pas de plus peut s'opérer vers une conversion,
  • les rites touchent, parlent, interpellent,
  • l'eucharistie est vraiment source et sommet de la vie chrétienne;
- après la célébration, cet accompagnement peut se poursuivre, le Christ peut être présenté, connu et aimé; une croissance dans la foi est possible et souvent désirée;
- nous sommes centrés sur les gens et leur besoin de salut, leurs quêtes de sens, l'action de l'Esprit en eux.

Imaginez si notre ministère pastoral menait à ça et se vivait ainsi:
- une communauté où les gens se connaissent, se tiennent, s'épaulent, se réconcilient...
- une communauté de gens qui ont soif et envie de s'abreuver à une parole signifiante, fondée et ouvrant sur la Parole;
- un ministère pastoral centré sur le Christ à faire rencontrer et non une "Église culturelle" à défendre et à entretenir;
- un ministère centré sur les gens et non une lourde gestion d'exigences, de présences, d'argent.

Voilà, je vous ai partagé un de mes rêves. 

Je découvre en vieillissant que je suis appelé à être moi en toutes circonstances, y compris là où mes rêves ne sont pas réalisés. Je découvre aussi que mes rêves ne seront fort probablement jamais réalisés et que je ne dois pas attendre qu'ils le soient. Je découvre aussi que mes rêves ne sont pas ceux de Dieu et que ce sont les siens que je suis appelé à réaliser. Cependant, j'ose croire qu'il y a un peu de Dieu dans mes rêves, dont celui que je viens de vous présenter.

Unissons nos rêves, Dieu se révèle un peu en chacun. Ensemble, réalisons le sien!

Denis



jeudi 4 octobre 2012

Questions sur le diaconat permanent

Le diaconat permanent est un ministère riche et important pour notre Église. Mgr Lacroix l'a rappelé dans un message à ce sujet à l'occasion de la journée du diaconat permanent qui a lieu le premier mercredi d'octobre. Comme tout ministère, il porte tout de même sa part de questionnements. Je vous en présente quelques-uns que je porte.

D'abord, bien que l'épouse du diacre participe à toute sa formation hormis les études théologiques, elle n'est pas ordonnée. De façon enthousiaste, on peut y voir une invitation pour la femme du futur diacre à discerner à quoi Dieu l'appelle dans ce nouvel engagement. Ce sujet est bien présenté dans cette vidéo. De façon plus critique, on peut aussi y voir un exemple de patriarcat ecclésiastique qui réserve encore obstinément l'ordination aux hommes alors que dans l'Église primitive il y avait des diaconesses, par exemple Phébée, la diaconesse de l'Église de Cenchrées (Rm16,1). (Remarquez ici que pour faire preuve de rigueur scientifique, il faudrait voir ce que signifiait à cette époque être diaconesse. Ça n'a peut-être rien à voir avec le ministère diaconal actuel.) L'ordination d'un diacre marié est-elle donc une occasion de renouvellement vocationnel pour son épouse ou une gifle à la face des femmes? Peut-être les deux en même temps... Notez que ce n'est pas parce qu'un époux devient diacre que son épouse se sent appelée au même ministère. Cela dit, je pense que le débat sur cette question demeure ouvert.

Autre question: un diacre célibataire doit le demeurer et un diacre marié qui devient veuf ne peut plus se marier et doit vivre le célibat. Je n'ai pas de problème avec le fait qu'un homme qui a découvert que Dieu lui avait fait le don du célibat demeure fidèle à cet appel dans sa façon de vivre son diaconat. Cependant, manquant peut-être de foi en la grâce divine, il me semble difficile à croire qu'un homme qui a discerné que Dieu lui avait fait le don de la vie maritale et non celui du célibat reçoive tout à coup automatiquement le don du célibat lors du décès de son épouse... Ne met-on pas le gars en situation impossible? Ça peut dépendre de plusieurs facteurs. Par exemple l'âge: pour un diacre malade résidant dans un foyer et qui devient veuf à 85 ans, je veux bien croire que le célibat soit un peu plus "endurable". Mais pour celui qui devient veuf à 50 ans et qui a encore plusieurs dizaines d'années d'espérance de vie, peut-on lui imposer ce fardeau sans conséquences psychologiques?

Il existe aussi des diacres qui le deviennent par manque de ministres pour certaines fonctions pastorales, par exemple les baptêmes, les funérailles, les mariages... Tant mieux si des diacres exercent ces fonctions. On doit tout de même se poser la question de la pertinence de réserver la présidence de ces célébrations à des ministres ordonnés. Par permission romaine, des laïques, dans certaines conditions, par exemple dans un coin où un prêtre passe deux ou trois fois par année, peuvent baptiser. Le Vatican vient de le permettre à deux femmes dans un coin éloigné du diocèse de Baie-Comeau. N'y a-t-il pas là un appel à ce que les laïques prennent de plus en plus leur place dans la vie de notre Église plutôt que de chercher à tout prix des ministres ordonnés dont nous manquerons de toute façon à moyen terme? (Je peux vous sembler pessimiste ici mais au contraire je suis très optimiste pour la place des laïques dans notre Église).

Autre question: la place liturgique des diacres. Dans l'Église primitive, le ministère diaconal a été institué pour libérer les apôtres des tâches à caractère social, leur permettant ainsi de se consacrer plus intensément au ministère de la Parole (prédication, enseignement...). C'est ce qu'on peut lire en Ac 6, 1-7: l'institution des Sept, qu'on reconnaît habituellement comme les premiers diacres. Or, quand on a un diacre sous la main, que lui fait-on faire avant le soin des pauvres? On lui fait faire la prédication, animer des réunions et présider des sacrements...

Je vous avais averti, je n'écrivais pas ce billet pour louanger le diaconat mais  pour vous partager certaines questions que je porte vis-à-vis ce ministère que je trouve par ailleurs bien séduisant. Car oui, pour plusieurs raisons personnelles, ce sacrement m'interpelle. La présidence de célébrations, la prédication dans un cadre liturgique et l'engagement pour les plus pauvres sont des valeurs et des tâches qui me sont chères, pour lesquelles je me sens appelé et pour lesquelles ma façon actuelle de vivre mon ministère d'agent de pastoral laïque laisse peu de place. Aurons-nous bientôt, laïques mandatés, la possibilité de présider des funérailles, de baptiser, de prêcher durant une célébration eucharistique ou si pour vivre ces appels intérieurs je devrai pousser plus loin ce discernement sur la vocation diaconale? Ça reste à suivre!

Pour l'instant, continuons de prier pour que Dieu envoie des ouvriers et des ouvrières à sa moisson. Prions pour que de nombreux hommes deviennent prêtres et diacres. Prions aussi pour que les laïques prennent de plus en plus leur place dans leurs communautés chrétiennes. Car comme dit un prêtre que j'aime bien: "Le problème de notre Église n'est pas qu'on manque de prêtres, mais qu'on manque de chrétiens!"

Je vous invite aussi, en terminant, si vous êtes d'accord avec cette idée, à prier pour la place des femmes dans notre Église, y compris à leur accession aux ministères ordonnés, à commencer par le diaconat pour lequel il semble que Dieu les a déjà appelées jadis.

Union de prière!

Denis


dimanche 8 avril 2012

Mes premières funérailles

J'ai présidé hier mes premières funérailles. La demande m'est arrivée mardi, j'ai rencontré une des soeurs de la défunte mercredi et à partir de ce jour-là ma tête, mon horaire et mes nerfs ont été centrés sur cet événement. Je suis content de ma préparation mais je regrette de m'être difficilement arrangé dans mon horaire... Ce sera à travailler...

Je pense que les conditions idéales étaient réunies pour faire de cet événement une sorte de "stage" pour "président débutant en formation": une famille accueillante et indulgente, plusieurs personnes que je connaissais et avec lesquelles je suis à l'aise, l'ouverture des personnes présentes, leur chaleur humaine, leur nombre et le temps liturgique (le samedi saint, entre la mort du Christ et sa résurrection). J'avais manifesté mon inquiétude à plusieurs personnes et le soutien spirituel que j'ai reçu m'a porté solidement et profondément. L'accompagnement de la secrétaire de la fabrique, du sacristain et de la directrice de la chorale m'a été d'un grand secours! Les conseils avisés de plusieurs personnes m'ont permis de bien m'orienter.

Le meilleur conseil que j'ai reçu est sans doute celui de prendre le temps. C'est ce qui m'a guidé le plus dans mes gestes et même dans mon attitude de fond.

Je préside de temps en temps des célébrations d'adieu au salon funéraire. J'aime la chaleur et la liberté que permet ce type de célébration. J'avais peur que le cadre liturgique des funérailles à l'église et la grandeur du bâtiment m'étouffent et me briment dans mes élans, mes idées et ma chaleur humaine. Il n'en fut rien! La liturgie des funérailles est bien pensée, bien montée et permet beaucoup de choix et de latitude, en tout cas bien assez pour moi! Je me suis senti à l'aise, "moi-même" dans plusieurs de mes couleurs à chaque étape de la célébration. La grandeur de la bâtisse? Je me suis placé sur la première marche du choeur, aussi proche que possible des gens. Ce fut une bonne idée! 

Le résultat? J'en suis émerveillé! On m'a beaucoup et chaudement félicité après la célébration. Une dame m'a même remis un souvenir pour que je m'en rappelle. On m'a notamment fait remarquer mon calme et ma sérénité. C'est vrai, je me sentais bien à présider cette célébration. Il semble que ça a paru. Ma préparation, le soutien spirituel reçu, mon attention à prendre le temps, la grâce d'aimer les gens présents, grâce que j'avais demandée et que j'ai reçue, ont contribué à faire de cette célébration un moment de douceur, d'accueil, de tristesse, de joie et de fraternité.

À vous qui m'avez soutenu par la prière: merci!
À vous qui m'avez prodigué des conseils et fait des suggestions: merci!
À vous qui m'avez aidé à préparer cette célébration: merci!
À vous qui faites partie de la famille de Mme Pauline Vachon: merci!
À vous qui avez participé à cette célébration: merci!
À vous qui avez rendu un service liturgique pendant la célébration: merci!
À vous qui m'avez félicité et apporté des commentaires après la célébration: merci!
À Toi, Trinité mon amour, qui nous a portés, guidés, inspirés et aimés: merci!

Je ne dis pas que je veux passer tous mes samedis matins à présider des funérailles mais je sens en moi ce désir de continuer dans cette voie. Une nouvelle corde s'est ajoutée à mon arc. Une des questions que je porte souvent comme intervenant pastoral est que je me sens appelé à présider des célébrations et à commenter l'Écriture dans un cadre liturgique, ce que ma façon actuelle de vivre mon ministère d'agent de pastorale me permet peu. C'est parfois frustrant. C'en est au point où je me demande quelquefois si Dieu ne m'appelle pas à exercer un autre ministère... Eh! Bien! J'ai trouvé hier que j'étais totalement à ma place. Je perçois là un appel de Dieu à creuser.

Christ est ressuscité! Il est présent dans nos passages! Il est vraiment ressuscité!