Sérieux ou comique, spirituel ou scientifique, sentimental ou politique, sportif ou cinématographique, gentil... ou peut-être pas... Un blogue comme moi, quoi!

samedi 21 avril 2012

La fin de ton entrée dans l'éternité

Il y a quinze ans, à 9h00, une grosse roche tombait du cap et écrasait une voiture sur la rue Sous-Le-Cap, à Québec. Au même moment, le Cap-Blanc perdait un de ses fils qui tombait de sa grue au Port de Québec. Tu es décédé sur le coup.

Ça fait quinze ans aujourd'hui, P'pa, que tu as terminé ton entrée dans l'éternité. Je ne sais pas ce que tu fais, je ne sais pas de quoi tu as l'air. Je sais juste que tu es heureux et que tu veilles sur nous. Je le sais car à plusieurs reprises ces quinze dernières années il m'est arrivé un tas de trucs où j'ai cru voir ta signature, ta façon de faire, ton clin d’œil, ton amour et ton humour. Je l'ai remarqué surtout lors de problèmes d'emplois. Tu as toujours eu une dévotion à saint Joseph, patron des travailleurs et des travailleuses, et j'ai l'impression qu'il est un de tes grands chums là où tu es!

Nous n'avons pas souvent parlé profondément et longtemps. Nous n'en avions peut-être pas besoin. Mais depuis quinze ans ça me manque. Combien de fois j'aurais aimé avoir ton avis sur un tas de choses, notamment nos autos, la maison, les impôts, les assurances, ceci et cela... Maintenant que j'ai une vie qui ressemble à celle que tu avais dans mes souvenirs, je pourrais avoir une conversation en adulte avec toi. Oh! Je le fais. Je ne m'en prive pas. Je te parle souvent. Mais ta présence physique me manque.

Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire du baptême de mon fils Émile. Ça fait dix ans aujourd'hui. Demain, ce sera la première communion de Victoria, la plus vieille de Michel. C'est drôle tout de même que cinq ans après ta mort notre fils entrait dans l'Église, Corps du Christ, par le baptême et que dix ans après, notre nièce va communier pour la première fois au Corps du Christ... Aucune date n'était arrangée. Nous avons juste dit oui aux propositions des responsables de ces événements. Un autre clin d’œil?

Merci d'être autant présent pour nous. Merci de nous accompagner. Merci de nous aimer encore et peut-être plus et mieux qu'avant! Continue à nous aider à être et à devenir de plus en plus des personnes heureuses, libres, en santé, solides et aimantes!

Je t'aime P'pa!
XXX

dimanche 8 avril 2012

Mes premières funérailles

J'ai présidé hier mes premières funérailles. La demande m'est arrivée mardi, j'ai rencontré une des soeurs de la défunte mercredi et à partir de ce jour-là ma tête, mon horaire et mes nerfs ont été centrés sur cet événement. Je suis content de ma préparation mais je regrette de m'être difficilement arrangé dans mon horaire... Ce sera à travailler...

Je pense que les conditions idéales étaient réunies pour faire de cet événement une sorte de "stage" pour "président débutant en formation": une famille accueillante et indulgente, plusieurs personnes que je connaissais et avec lesquelles je suis à l'aise, l'ouverture des personnes présentes, leur chaleur humaine, leur nombre et le temps liturgique (le samedi saint, entre la mort du Christ et sa résurrection). J'avais manifesté mon inquiétude à plusieurs personnes et le soutien spirituel que j'ai reçu m'a porté solidement et profondément. L'accompagnement de la secrétaire de la fabrique, du sacristain et de la directrice de la chorale m'a été d'un grand secours! Les conseils avisés de plusieurs personnes m'ont permis de bien m'orienter.

Le meilleur conseil que j'ai reçu est sans doute celui de prendre le temps. C'est ce qui m'a guidé le plus dans mes gestes et même dans mon attitude de fond.

Je préside de temps en temps des célébrations d'adieu au salon funéraire. J'aime la chaleur et la liberté que permet ce type de célébration. J'avais peur que le cadre liturgique des funérailles à l'église et la grandeur du bâtiment m'étouffent et me briment dans mes élans, mes idées et ma chaleur humaine. Il n'en fut rien! La liturgie des funérailles est bien pensée, bien montée et permet beaucoup de choix et de latitude, en tout cas bien assez pour moi! Je me suis senti à l'aise, "moi-même" dans plusieurs de mes couleurs à chaque étape de la célébration. La grandeur de la bâtisse? Je me suis placé sur la première marche du choeur, aussi proche que possible des gens. Ce fut une bonne idée! 

Le résultat? J'en suis émerveillé! On m'a beaucoup et chaudement félicité après la célébration. Une dame m'a même remis un souvenir pour que je m'en rappelle. On m'a notamment fait remarquer mon calme et ma sérénité. C'est vrai, je me sentais bien à présider cette célébration. Il semble que ça a paru. Ma préparation, le soutien spirituel reçu, mon attention à prendre le temps, la grâce d'aimer les gens présents, grâce que j'avais demandée et que j'ai reçue, ont contribué à faire de cette célébration un moment de douceur, d'accueil, de tristesse, de joie et de fraternité.

À vous qui m'avez soutenu par la prière: merci!
À vous qui m'avez prodigué des conseils et fait des suggestions: merci!
À vous qui m'avez aidé à préparer cette célébration: merci!
À vous qui faites partie de la famille de Mme Pauline Vachon: merci!
À vous qui avez participé à cette célébration: merci!
À vous qui avez rendu un service liturgique pendant la célébration: merci!
À vous qui m'avez félicité et apporté des commentaires après la célébration: merci!
À Toi, Trinité mon amour, qui nous a portés, guidés, inspirés et aimés: merci!

Je ne dis pas que je veux passer tous mes samedis matins à présider des funérailles mais je sens en moi ce désir de continuer dans cette voie. Une nouvelle corde s'est ajoutée à mon arc. Une des questions que je porte souvent comme intervenant pastoral est que je me sens appelé à présider des célébrations et à commenter l'Écriture dans un cadre liturgique, ce que ma façon actuelle de vivre mon ministère d'agent de pastoral me permet peu. C'est parfois frustrant. C'en est au point où je me demande quelquefois si Dieu ne m'appelle pas à exercer un autre ministère... Eh! Bien! J'ai trouvé hier que j'étais totalement à ma place. Je perçois là un appel de Dieu à creuser.

Christ est ressuscité! Il est présent dans nos passages! Il est vraiment ressuscité!

mardi 21 février 2012

Jouer au Ouija



Il était 22h00, il y a seize ans. Trois jeunes filles frappent chez moi et me demandent de l'aide car elles viennent de jouer au Ouija et elles sont convaincues que les mauvais esprits leur courent après... C'était mon premier contact avec ce jeu.

Il y a eu d'autres contacts depuis et quelques convictions ont commencé à prendre assises en moi. Je vous livre ces réflexions.



Disons tout de suite que je ne crois pas une seconde au fait que le Ouija permettrait d'entrer en contact avec des entités spirituelles bonnes ou mauvaises. Je ne dis pas que ça ne se peut pas (il faudrait consulter une personne spécialiste) mais je ne crois pas que le Ouija permette ça en lui-même. Je crois plutôt que les gens qui y jouent désirent tellement que ça fonctionne qu'ils interprètent la moindre coïncidence un peu étrange comme une manifestation d'un esprit. Ils sont souvent tellement sûrs que leur jeu va fonctionner, ils ont en même temps tellement peur qu'un véritable esprit les contacte que le moindre bruit, le moindre clignotement d'une ampoule, le moindre mouvement inhabituel leur fait peur. Ces événements anecdotiques s'expliquent tous facilement mais les joueurs et les joueuses croient tellement que c'est un esprit qui les provoque qu'ils interprètent tout en fonction de cette croyance. 

Là est la clé selon moi: quand on croit que quelque chose va arriver, on interprète tout en fonction de sa croyance. 

J'aurais beau vous dire que vous êtes une personne jolie, si vous avez en tête que vous êtes une personne laide, vous ne me croirez pas et vous agirez en fonction de votre croyance. Vous vous habillerez avec du linge qui ne vous va pas, qui ne vous mettra pas en valeur, vous cesserez de sortir par gêne, vous deviendrez exagérément gentil ou gentille pour plaire car vous avez en tête que c'est votre seule façon d'être aimée. Alors que votre vie pourrait être tellement plus simple et heureuse...

Ce sont nos croyances qui nous font agir et non la vérité crue comme elle est. Nous agissons en fonction de nos interprétations des événements par le prisme de nos croyances et non en fonction de l'événement comme tel.

C'est la même chose pour les questions religieuses. J'aurais beau vous dire que le destin n'existe pas, si vous avez en tête qu'il existe, vous ne me croirez pas et vous continuerez de vivre en fonction de cette fatalité à laquelle vous pensez ne jamais pouvoir vous échapper au lieu de vivre sereinement en toute liberté sur un chemin qui se trace avec vos pas.

Pour le Ouija, ajoutez à cela une ambiance mystérieuse, un peu d'inquiétude et l'absence des parents et vous avez tout ce qu'il faut pour que quelques jeunes apeurées viennent frapper chez vous à 22h00 le soir...

Après avoir constaté que même les personnes qui pratiquent une forme ou l'autre de spiritisme ne s'entendent pas sur le sujet (il existe des forums de discussion là-dessus), après avoir vu la peur dans les yeux des personnes qui jouent à ce jeu, surtout les ados, je conclus qu'on peut très bien se passer du Ouija dans sa vie, qu'il y a bien d'autres jeux plus intéressants au monde que celui-là, qu'il ne sert à rien d'autre que créer la peur pour quelques jours, voire pour la vie et que c'est une royale perte de temps. Bref, vous voulez avoir peur en groupe? Vous aurez sans doute plus de plaisir et moins de séquelles en regardant un bon film d'horreur ou un thriller captivant qu'en jouant au Ouija.

Non, le Ouija ne vous mettra pas en contact avec des esprits, mais avec vos fausses croyances et vos peurs. Pour ma part, j'ai autre chose à faire!

Si vous avez besoin d'en jaser, contactez-moi!

Union de prière!

Denis